Affaire Bétharram : Pourquoi la protection des enfants n’est pas une priorité ?

L'affaire de l'institution Notre-Dame de Bétharram est l'un des derniers scandales en date les plus marquants concernant les abus commis dans des établissements scolaires catholiques en France. Depuis 2024, plus de 170 anciens élèves ont signalé des faits de violences psychologiques, physiques ou sexuelles couvrant plusieurs décennies.

En novembre 2023, Alain *****, ancien élève de Bétharram de 1980 à 1985, croise dans le village de Lestelle-Bétharram le surveillant qui l’avait brutalisé en 1985. Il crée alors un groupe Facebook intitulé Les Anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes alléguées de l’institution, qui regroupe en mars 2025 près de 2 200 membres. Ce groupe recueille de nombreux témoignages sur les violences vécues dans l’établissement.

Les témoignages font état de châtiments corporels sévères : claques violentes, coups de pied, coups de poing dans la tête, coups de règle en bois sur les ongles, fessées administrées à même le corps, y compris avec une batte de cricket. Certains élèves se faisaient tirer les oreilles ou les cheveux, étaient contraints de rester à genoux sur une règle métallique jusqu’au sang ou subissaient des piqûres sous-cutanées à l’eau ou à l’alcool, réalisées à l’infirmerie. Les mineurs pouvaient être retenus le week-end pour que les signes de maltraitance échappent à leur famille.

Les abus sexuels rapportés incluent des attouchements, des fellations et des viols, commis par des membres du personnel laïc et religieux de l’établissement. Parmi les agresseurs présumés figurent des surveillants et des prêtres.

Chronologie des plaintes et de l’enquête

  • Janvier 2024 : Le parquet de Pau ouvre une enquête préliminaire à la suite de vingt plaintes d’anciens élèves pour des faits de violences physiques, morales, viols et agressions sexuelles sur mineurs au sein de l'établissement, dans les années 1980.
  • Février 2024 : Treize autres plaintes sont déposées, dont dix pour viols ou agressions sexuelles. Parmi elles, huit visent un surveillant laïc toujours en poste au moment des révélations.
  • Avril 2024 : Quarante-trois nouvelles plaintes s'ajoutent, portant le total à 76. Les faits dénoncés concernent plusieurs auteurs présumés et couvrent des violences physiques et psychologiques, des agressions sexuelles et des viols sur mineurs.
  • Juillet 2024 : Vingt nouvelles plaintes sont communiquées à la gendarmerie de Pau, portant principalement sur des attouchements sexuels entre 1960 et 2011.
  • Février 2025 : Le collectif de victimes de Bétharram annonce que 112 anciens élèves ont saisi la justice pour des violences physiques et sexuelles. Quelques jours plus tard, 40 nouvelles plaintes sont transmises, portant le total à 152.

Réactions des autorités

Face à l'ampleur des révélations, la direction de l'établissement exprime sa volonté de collaborer à l'enquête et envisage de se constituer partie civile. La congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram se dit consternée et affirme vouloir faire la lumière sur ces événements. Le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, initialement silencieux, se dit profondément bouleversé par ces révélations.

Par ailleurs, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place pour examiner les défaillances systémiques ayant permis de tels abus. Les auditions ont débuté récemment, avec des témoignages poignants d'anciennes victimes.

Cette affaire met en lumière les lacunes des dispositifs d’alerte et souligne la nécessité d’une vigilance accrue pour protéger les enfants dans les institutions éducatives.

François Bayrou : Toujours premier ministre !

François Bayrou, actuel Premier ministre français, est accusé d’avoir été informé des abus commis à l’institution Notre-Dame de Bétharram dans les années 1990 sans avoir pris de mesures appropriées. En 1996, alors ministre de l’Éducation nationale, il aurait été alerté par une enseignante, Françoise Gullung, ainsi que par l’infirmière de l’établissement, concernant des violences physiques sur des élèves. De plus, en 1998, il aurait rencontré le juge d’instruction chargé d’une affaire de violences sexuelles impliquant le directeur de l’établissement, Pierre Silviet-Carricart. Malgré ces informations, François Bayrou aurait défendu publiquement l’institution, qualifiant les accusations de "rumeurs" et d’"attaques" contre l’établissement.

En février 2025, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, le député Paul Vannier a interrogé François Bayrou sur sa connaissance des faits à l’époque. Le Premier ministre a nié avoir été informé de violences sexuelles à Notre-Dame de Bétharram et a annoncé son intention de porter plainte pour diffamation.

L’indifférence du gouvernement face aux violences sexuelles sur des enfants

Mars 2025 : le président de la république avec un discours alarmiste, nous annonce une prétendue guerre imminente contre la Russie, pendant que François Bayrou demeure en poste, normal !

Le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux agitent les "dangers" du port du voile dans le sport et de l’immigration comme s’il s’agissait des plus grandes menaces pour la France.

Mais face aux violences faites aux enfants ? Rien. Que dalle. Nada.

Ces gouvernants sont une honte. Par leur inaction, ils deviennent de fait complices.

On savait à l’époque. Maintenant, on le sait encore plus. Toute personne occupant une fonction qui lui permet d’arrêter des pédocriminels, des abuseurs d'enfants, des sadiques, mais qui ne le fait pas, doit être considérée comme complice.

Il est inconcevable qu’en 2025, après toutes ces affaires, Bétharram, n'est malheureusement pas la première et ne sera pas le dernière, la protection des enfants ne soit toujours pas une priorité nationale.

Petit rappel :

  • En France, chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit 18 enfants victimes de violences sexuelles par heure.
  • En France, chaque jour, 200 enfants sont victimes de maltraitance, soit 73 000 enfants par an.
  • En France, chaque année, 398 310 enfants sont co-victimes de violences conjugales.
  • En France, chaque année, 1 enfant tous les 5 jours est victime d’infanticide. (Infanticide, acte de tuer un enfant)
  • En France, les enfants en situation de handicap sont 3 fois plus exposés aux violences sexuelles.
  • En France, 81 % des violences sexuelles débutent avant l’âge de 18 ans.

Chiffres issus du site de Collectif Enfantiste

Photo de Liane Metzler sur Unsplash optimisée pour un affichage basse consommation via un procédé de dithering

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